Intervention de la délégation CFDT au CESER*

Publié le 06/12/2016 à 16H37
ETI – Entreprise de Taille Intermédiaire

Pour la CFDT, une approche plus déconcentrée, territorialisée, et néanmoins complémentaire à l’approche européenne et nationale est nécessaire.  En effet, si le principe même d’une politique industrielle fait aujourd’hui consensus en France, certains focalisent sur la compétitivité-coût (le triangle salaire, cotisations, impôt). Ce n’est pas l’analyse de la CFDT. Pour nous, ce qui est en jeu, c’est surtout la compétitivité hors coût. C’est la qualité, l’emploi de qualité et la montée en compétences des salariés, des demandeurs d’emploi qui tireront l’industrie française vers le haut. Cela suppose une démarche ambitieuse.  La Politique par filières est très structurante mais la troisième révolution industrielle induite par le développement du numérique, les questions énergétiques et la raréfaction des ressources naturelles nécessite en complémentarité de cette approche par filière une approche plus horizontale. Actuellement, la CFDT estime que nous avons besoin d’une innovation plus foisonnante, déconcentrée, territorialisée pour être à la hauteur des changements à venir, dont nous n’avons pas encore pris la pleine mesure.

Le développement économique dans les territoires, la coopération entre les acteurs, le dialogue social territorial, la mise en adéquation des formations avec les besoins des entreprises, la révolution numérique : tout cela requiert, à notre sens, anticipation et adaptation. Ceci est indispensable pour préparer les transitions professionnelles et accompagner les mutations car il n’y a pas de politique industrielle sans savoir-faire. Or, les problématiques d’emploi et de compétences ne sont pas suffisamment intégrées dans les politiques industrielles, alors que ces questions sont stratégiques. 

Anticiper nécessite de développer des diagnostics partagés entre les acteurs, dans les différentes instances de concertation nationales et territoriales ou dans les entreprises.

Pour la CFDT, les investissements sociaux (formation, montée en compétences, accompagnement des transitions professionnelles) sont indissociables d’une politique industrielle. Selon nous, la réindustrialisation de la France et du Territoire de la région Nouvelle-Aquitaine ne peut se faire sans une transition énergétique qui intègre les questions d’anticipation, d’accompagnement et de sécurisation des salariés.

Ainsi, pour la CFDT, le dialogue social, dans les entreprises et dans les territoires tels que les bassins d’emploi, indissociable du dialogue économique, est bien un élément clé du renouveau industriel.

* CESER Conseil Economique Social Environnemental Régional