Déclaration du Bureau Régional CFDT Poitou-Charentes

Publié le 23/10/2017 à 15H25
Vous trouverez ci-joint la déclaration du Bureau Régional CFDT Poitou-Charentes concernant l'actualité revendicative et le dialogue social. "Il n'y a pas de progrès social sans dialogue social"

Il n’y a pas de progrès social sans dialogue social
Or, le Président de la République, Emmanuel MACRON et son gouvernement donnent des signes inquiétants au progrès social qui vont à l’inverse de l’histoire. L’article 8 de l’ordonnance 1 sur les modalités de négociation dans les entreprises de moins de 50 salariés en est une des illustrations.

Notre société, en mutation profonde, a besoin de se transformer, de se réformer afin de répondre aux défis de demain et d’anticiper les changements, les évolutions.

Pour se faire, la CFDT a développé, depuis de nombreuses années, un syndicalisme de responsabilités, de propositions, de négociations à tous les niveaux des institutions « du national à l’entreprise ».

Des acquis importants, négociés par la CFDT, ont été mis en place depuis plusieurs décennies afin de mieux gérer l’emploi, les conditions de travail et les luttes contre l’inégalité.

On peut citer quelques exemples :

  • Création des sections syndicales d’entreprises (1968)
  • Les lois Auroux (1981)
  • Les départs en retraite pour carrière longue (2003)
  • Loi de rénovation de la démocratie sociale (2008)
  • La sécurisation des parcours professionnels avec le CPF, le CPA (2015)
  • Les critères de pénibilité (2015)
  • La garantie jeune.

L’ensemble de ces dispositifs améliore la vie des salarié·e·s et contribue à l’évolution de la société.

Beaucoup de ces éléments méritent d’être améliorés, enrichis pour donner encore plus de contenu, de sens, de protection.

Au lieu de cela, le contenu des ordonnances stoppe le dialogue social et donne un coup d’arrêt à une évolution nécessaire du renforcement de la négociation dans les branches et dans l’entreprise. Les TPE et PME en seront les premières victimes alors que l’on sait que l’emploi se crée principalement dans ces entreprises.

Par ailleurs, les annonces en direction des agents de la Fonction Publique inquiètent fortement l’organisation et la qualité des services publics rendus aux citoyens.

La remise en cause du PPCR, les annonces de suppressions d’emploi des agents publics, le blocage du point d’indice… vont à contresens des besoins de notre société. Sans oublier l’absence de compensation de l’augmentation de la CSG qui de fait, va de nouveau diminuer les rémunérations.

A l’heure où nous devons accompagner notre société dans les mutations, nous avons besoin de moderniser la Fonction Publique avec des agents en nombre, bien formés, bien rémunérés mais aussi des agents qui ont le temps d’assurer leur mission.

Dans notre région très rurale, nous avons besoin dans nos territoires, dans nos bassins d’emploi de services publics décentralisés et proches des citoyens et des entreprises afin d’assurer un « vivre ensemble » de qualité.

La suppression brutale d’une partie des contrats aidés participe d’une dégradation des moyens pour assurer une qualité de vie dans les territoires les plus défavorisés. En effet, elle contribue, d’une part à retirer des ressources humaines à des collectivités territoriales et à des associations, d’autre part prive les salariés qui en bénéficiaient d’une possibilité de réinsertion sociale et professionnelle.

De même, l’augmentation de la CSG pour les retraités « les plus aisés » (au-delà de 1250 €/mois), est la preuve d’un traitement inéquitable les concernant, leur demandant un effort pour la solidarité intergénérationnelle qui ne serait pas partagé par l’ensemble de la population.

La politique gouvernementale annoncée est, de fait, inacceptable et remet en cause la cohésion sociale et fait le lit, une nouvelle fois, de la montée des populismes.

Le Bureau Régional de l’URI CFDT condamne fermement les mesures annoncées par le gouvernement et demande un renforcement du dialogue social dans le secteur privé et dans les Fonctions Publiques.

La voie de la concertation, de la négociation est la seule possible afin de moderniser les relations sociales.

L’URI CFDT appelle aussi les organisations patronales à leurs responsabilités et à s’engager dans un véritable dialogue social de qualité dans les entreprises mais aussi dans les territoires.

De même, l’Etat employeur, les collectivités locales se doivent d’ouvrir de vrais espaces de dialogue social pour moderniser l’action publique.